Le courage de la goutte d'eau c'est qu'elle ose tomber dans le désert...

Publié le par lae

«Le calme peut attirer le bruit

ou provoquer le silence…

à nous de choisir notre écoute ».

 

 

Sihanoukville


Après avoir lézardé plusieurs jours à Sihanoukville, de Victoria à Ottris Beach, les cascades, la manucure sur la plage, nous sommes parties pour Kâmpôt comme prévu. Il nous restait 10jours pour conclure le Cambodge, nous étions libres d’organiser notre séjour comme bon nous semblait. Kâmpôt est pour moi une petite ville de campagne, il n’y a pas grand monde, pas vraiment d’animations, juste une ville portuaire tranquille. Nous y restons quelques jours, à découvrir le poivre, les alentours, la campagne environnante, la ville de Kep avec ses spécialités de crabe, et nous nous laissons convaincre que « Rabbit Island » (ou l’île en forme de lapin) serait notre prochaine destination. Et nous avons effectivement bien fait… juste le paradis… la calme, pas de voitures, 3 restaurants, pas de routes, pas d’électricité, des massages au coucher du soleil face à Phu Quoc l’île vietnamienne, deux hamacs tendus sur la devanture de notre bungalow, quelques cours d’italien, des livres, la paix… Nous y restons quand même 5j alors que nous voyons des gens débarquer sur l’île à la journée, ou au pire rester 2 jours maximum… et bien non! Nous on s’y plait, pourquoi se presserait-on ? Bon, j’ai souvent pensé à certaines de mes amies (je ne citerai que Lilie qui de toute façon se serait reconnue :) en voyant la taille des insectes et bestioles sur l’île… des geckos géantissimes, des araignées gargantuesques, des scorpions, des lézards ou fourmis rouges énormissimes. Après 5 jours coupées de tout, nous revenons à Kâmpôt, ne sachant plus trop comment meubler les derniers jours en terre cambodgienne. Revenir à Phnom Penh ? Tentant… mais nous sommes alors à 60km de la frontière vietnamienne, pourquoi faire demi-tour… retourner à Sihanoukville ? pas grand-chose à faire de plus… Le problème est que nous aurions souhaité s’engouffrer dans l’est mais les inondations battant leur plein nous sommes un peu à cours d’idée. Nous nous installons dans un petit hôtel tenu par un Viet et sa femme française, et nous choisissons de rester à Kâmpôt pour les 4jours à venir. Location de moto, découverte d’un lac, invitation dans une famille cambodgienne musulmane pour fêter … quelque chose dont je ne me souviens plus, bref, le temps passe. D’ailleurs, c’est là que mon « addiction » au café glacé va commencer. Un pur délice. Un va admirer des danses traditionnelles, s’occuper de quelques pantalons qui nécessitent un coup d’aiguille, se lier avec un américain parlant français. Et puis, la date fatidique du 9 novembre arrive à grandes enjambées, notre visa pour le Cambodge se termine, celui du Vietnam commence, nous devons nous décider sur notre prochaine destination. Après moultes hésitations, ce sera Phu Quoc. Notre billet de bus en poche, nous sommes prêtes pour traverser la frontière et débarquer sur l’île. (Nous sommes toujours prêtes pour aller sur les îles si vous n’aviez pas encore remarqué…). Le trajet se passe normalement, un petit billet gentiment demandé par le douanier pour je ne sais quelle raison, nous arrivons à Phu Quoc et nous installons dans un bungalow pour 10$ la nuit à deux.

 


Vietnam

 


Phu Quoc: "Les princesses du Monde"


Ile tropicale paradisiaque, Phu Quoc est ourlée de superbes plages de sable blanc, bordées de palmiers et baignées d’une eau turquoise. De charmants villages de pêcheurs ponctuent le littoral, tandis qu’une jungle épaisse couvre l’intérieur des terres. Cette île en forme de larme se situe dans le golfe de Thaïlande à 45km à l’ouest d’Ha Tien et à 15km au sud de la côte Cambodgienne. Longue de 48km et peuplée de 85OOO habitants, il s’agit de la plus grande île du pays et son territoire le plus contesté. En effet le Cambodge revendique cette île appelé « Koh Tran » en Khmer qui fut offerte au Vietnam par les français en 1949 lors de l’annexion du delta du Mékong. Ceci explique pourquoi les vietnamiens ont construit une base militaire qui couvre la majeure partie du nord de l’île. L’île ne fait pas réellement partie du Delta du Mékong et ne se prête pas à la riziculture. Sa culture la plus lucrative est le poivre noir mais les iliens ont toujours gagné leur vie grâce à la mer. Phu Quoc est également réputée pour son Nuoc Mam de qualité supérieure. En dépit d’aménagements imminents, un nouvel aéroport international, un golf et un casino, l’île reste en grande partie protégée depuis la création du parc national en 2001.

 


Nous arrivons avec tout plein de choses en tête concernant le Vietnam. Voilà presque une année que nous slalomons l’Asie, et tous les voyageurs, des plus baroudeurs au plus vacanciers nous avaient mis en garde sur le Vietnam et la non hospitalité des gens. Pas de sourires, des relations tournées sur l’argent et le business, nous étions prévenues. Et puis, à notre habitude, nous avions pourtant décidé de ne rester que 3-4j sur l’île, qui se transformeront en une bonne semaine. Premièrement déçues par Phu Quoc, le temps un peu gris, la mer agitée, nous allons vite changer d’avis. Nous rencontrons tout d’abord Arnaud et sa femme, qui tiennent le restaurant français « Le Bistrot » où ils servent de magnifiques gratins dauphinois ou salades de chèvre chaud. Il va nous introduire à Stef, l’incontournable Stef, une cinquantaine d’années qui tient un bar avec sa copine Viet Din, « dynamique, super motivé, qui vous fera découvrir l’île ». Chouette chouette, direction le DS bar. En effet, nous rencontrons Stef et quelque chose va nous lier à lui dès les premiers instants… une sincérité, un humour, une serviabilité, bref, il a tout pour nous plaire. Nous allons d’ailleurs élire son bar comme lieux où nous passerons toutes nos soirées sur l’ile à discutailler de tout et de rien, de lui et de nous. Une belle rencontre, vraiment, et merci à lui. Clairement, Stef connaît son île d’adoption comme les lignes de sa main. Il nous sort une carte, et nous donne des itinéraires tous les jours, quoi voir, quoi faire, ou s’arrêter pour manger une soupe, dans quel village s’éterniser, quelle plage se baigner… un pur bonheur. Ce sera donc location de scoot sur location de scoot, et nous voilà partie sur l’île… accompagnées… Je dis « accompagnées » car Stef va nous introduire à Pierrick, jeune médecin en devenir natif de la réunion, qui a décidé de se donner une année de break pour parcourir le monde. Ce sera donc à 2 motos et avec lui que nous passerons toutes nos journées. Merci à lui, car les routes étaient vraiment scabreuses, et ce fut un soutien précieux. Je tombe une fois… le rétro droit de casse. Je paye, le remplace, je tombe une deuxième fois… le rétro droit se recasse… aie aie. Et ma jambe en prend un coup. C’est fou comme on peut flipper ensuite de retomber sur les routes une fois qu’on s’est déjà retrouvé à manger la poussière. Et la responsabilité d’avoir quelqu’un derrière soi… bref. Je suis crevée, conduire 6j par jours sur des routes horribles c’est franchement pas évident. Enfin, on en rigole, mais il faut vraiment faire attention. Parcourir l’île sur les précieux conseils de Stef en charmante compagnie de Pierrick (qui a lui aussi un tempérament bien trempé !) fut une expérience inoubliable, alors encore un grand merci à eux. Les paysages étaient magnifiques, des terres rouges sanguines, aux petits villages de pêcheurs, des plages paradisiaques comme Sao Beach (Sarah me dit de préciser que c’est ici qu’a été tourné Koh Lanta… youhouu J) et l’amabilité des Vietnamiens… A ce moment-là, il nous aura fallu 5j pour démentir ce qu’on nous avait toujours dit sur les vietnamiens. Non seulement, ils nous invitent à tour de main pour partager des moments de vies avec eux, mais en plus ils nous offrent soit un festin de crabes, crevettes, fraichement pêchés par les pêcheurs eux-mêmes, soit des noix de coco par ci par là, tout juste attrapées de l’arbre. Alors, je ne sais pas quels vietnamiens ils avaient rencontrés, mais certainement pas les mêmes que nous… et comme toujours, il faut savoir sortir des sentiers battus mais aussi accepter l’hospitalité. Combien de touristes avons-nous vu partir presque en courant se voyant proposer des crabes sur la plage par des pêcheurs ne parlant pas un mot d’anglais. « Les crabes seraient-ils empoisonnés ? On ne se connait pas et il nous parle ? » Oui… différentes cultures, la peur de l’autre, de ce qui nous est inconnu… les limites qu’on se fixe… bref. Il faut aussi savoir s’assouplir et ne pas rester enfermer avec ses idées préconçues sur tout. Sachez que, à chaque fois, nous n’avions rien à donner en retour et d’ailleurs ils ne nous ont jamais rien demandé, nous avons fait confiance à notre instinct. Et ça paye. C’est ce qui va me manquer en rentrant en France, je vais devoir réenclencher mon radar « méfiance de l’autre » qui ne me plait pas du tout. On se méfie de tout, tout le temps, de tout le monde, des bonnes intentions comme des moins bonnes, de son voisin de palier ou de n’importe qui qu’on peut simplement rencontrer dans la rue. Bref, pour cela, le voyage offre une richesse d’humanité inépuisable. Tout est plus simple en voyage, on s’aborde pour un oui pour un non, pour savoir d’où on vient et où on va, sans se poser de questions de savoir ce que l’autre a derrière la tête. Attention, je ne dis pas qu’on donne sa confiance à tout va et que nous ne sommes pas prudentes, loin de là, d’autant plus en voyage. Mais je sais que dans une société qui prône la peur en général, la peur de tout, des étrangers, des autres, la peur du chômage, de l’avenir incertain, bref, tout cela contribue à ce que l’on se sente en insécurité permanente. A bon entendeur…

 


Ho Chi Minh City: "mosaïque urbaine"


Après 12h de voyages, nous arrivons à Ho Chi Minh City (HCMC). HCMC est une ville qui bouge, pas seulement par les motos qui envahissent les rues. Saigon, ainsi que tout le monde continue de l’appeler hormis les officiels, est un concentré enivrant du Vietnam, une métropole d’une grande richesse commerciale et culturelle dont l’incroyable énergie a poussé tout le pays en avant. C’est un organisme vivant qui insuffle vie et vitalité à toute personne qui s’y installe, et les visiteurs ne peuvent qu’entrer dans le bal. Avec son nom si évocateur, Saigon fait naître une myriade d’images indistinctes. Ici, les ruelles intemporelles bordées de vieilles échoppes en bois vendant de tout, de la soie aux épices, mènent à de vénérables pagodes et à des marchés plein d’effervescence et jouxtent les quartiers modernes ou voisinent gratte-ciel étincelant, galeries marchandes derniers cris, restaurant gastronomiques et bars minimalistes. Pour autant, la cité n’a pas oublié son passé et chaque édifice, chaque enseigne figure comme un rappel de fantôme d’époque encore bien présente. Cependant la véritable beauté de cette mosaïque urbaine est que ces deux mondes se fondent en un seul sans heurte aucun. Tout voyage dans cette ville énigmatique est enrichissant et ne laisse pas indifférent.

Nous allons apprivoiser HCMC de différentes manières. A pied, en mototaxi, avec des visites de musées ou juste flâner dans les rues et les marchés. Palais de la réunification, le musée des souvenirs de guerre, le musée des beaux-arts, la cathédrale notre dame, la poste centrale, l’opéra, l’hôtel de ville, diverses pagodes (temples), divers marchés (des plus touristiques comme Ben Thanh… assez horribles sur ses prix et l’acharnement des vendeurs aux plus typiques comme le marché Chinois), ce sera un saut culturel pour nous. Logées dans le quartier des routards « Pham Ngu Lao » pour 8$ la chambre, c’est un plaisir de déambuler dans les rues, à la fois tournées vers le tourisme mais aussi authentiquement vietnamiennes. C’est une ville sympa, agréable, abordable, qui bouge, où il fait bon d’y rester quelque temps. D’ailleurs, nous allons encore une fois se faire interviewer par la télé locale qui nous demandera si le trafic routier n’est pas trop bruyant… « ben non… après l’Inde forcément tout semble beaucoup plus calme… ». D’inspiration française au niveau architectural, nous ressentons quand même assez fortement la colonisation de la France, qui pourtant ne fait naître aucune rancœur de la part des Vietnamiens. Quelle sagesse.

 


Mui Ne

 

De passage à Mui ne, ville accueillant une ribambelle de russes en veux-tu en voilà, nous allons non seulement jouir de nos derniers jours de soleil (jusqu’à présent tout du moins), mais aussi des dunes de sable rouge environnantes, du canyon et des villages de pêcheurs encore une fois. 3jours suffiront pour admirer les coins et arpenter les 10kmde plage ornées de Kit surf un peu partout.

 

 

Dalat

 

Avec sa fraicheur printanière, ces élégantes villas coloniales et les fermes alentours cultivant fraises et fleurs, Dalat occupe une place singulière parsemée de massives constructions socialistes et jalonnée de rizières. Petit détour par les montagnes où nous ressortons le pull et le k-way, c’est encore le scooter qui va nous emmener visiter les alentours. De la maison folle d’inspiration architecturale de Gaudi, des cascades au lac en passant par l’ancienne gare et le marché central, il n’y a pas grand-chose à faire ici, mais c’est toujours sympa d’y passer et d’y faire escale entre Mui ne et Nha Trang.

 


Nha Trang

 

Le décor est somptueux, les montagnes surgissent derrières la ville, des plages s’étirent à perte de vue et les eaux turquoises sont tachetées d’îles. Bonnes tables de restaurant pour se régaler de fruits de mer, de poissons et de plats internationaux, Nha trang est aussi connue pour son côté festif… Un micro climat règne sur cette partie du pays, où les pluies se concentrent d’octobre à décembre (oui oui, je confirme…). Bon forcément, micro climat oblige, nous valsons entre les gouttes de pluie, louons un scoot malgré tout pour aller voir derrières la montagne, et restons souvent avec Quang pour discuter et refaire le monde. Je ne vous ai pas introduit Quang ? Français d’origine Viet, nous le rencontrons dans le bus de Dalat car il nous voit halluciner sur le fait qu’il y a deux menus dans un resto, un pour les Viet, un pour les touristes, et que sans le vouloir, Sarah s’était emparé de celui destiné aux Viet ( avec des prix évidemment plus doux que pour les touristes) et le serveur s’est empressé de lui arracher des mains pour lui donner l’autre. Ni une, ni deux, je tilte, et je dis que je veux un « Caphê da » (café glacé) au prix vietnamien… Qu’ils fassent ce qu’ils veulent avec leurs menus, nous savons pertinemment qu’il y a des prix locaux et des prix touristiques, mais je ne veux pas le savoir et surtout pas les prendre en flagrant délit. Il rit, nous entamons la conversation, et nous allons passer ces qq jours à Nha trang en sa compagnie. Bon, lui loge dans un 5 étoiles à 70$ la nuit certes… ;)

C’est aussi la rencontre de Marco le lyonnais qui tient un bouchon en face de notre hôtel, et de Charles, son fils qui tient un « planète fast food » pas très loin. Merci Marco pour ces verres de vins rouges gentiment offerts pour l’apéro.

Une chose à retenir, en dehors de la plage que nous n’avons pas visité étant donné le temps… est l’exposition photo de Long Thanh, qui prend de superbes clichés noir et blanc évoquant la vie quotidienne du Vietnam. Autant d’images qui sont un reflet de l’âme du pays. Pour lui, les appareils numériques et la couleur tiennent de l’hérésie… INCONTOURNABLE !

 


Quy nhon

 

Nous faisons étape à Quy nhon pour couper les 12h de trajet reliant Nha Trang à Hoi An, et admirons avec délices les admirables paysages de la côte qui s’offrent à nous. Entourée de superbes plages et située à proximité d’anciens temples Cham, Quy nhon reste injustement ignorée par les touristes (c’est vraiment le cas de le dire) et les rabatteurs sont silencieux ce qui ajoutent à son charme. On apprécie la tranquillité des lieux et l’accueil souriant des habitants en comparaison avec l’animation intense des villes balnéaires du sud. Nous arrivons dans une ville aux multiples charmes, et nous somme surprises par l’essence de Vie qui s’émane de cette ville. Les jeunes peuplent les rues, jouent au foot, s’assoient face à la mer pour boire un jus de sucre de canne, sourient, lancent des « hello » à tout bout de champ, nous découvrons encore une autre facette du Vietnam, plus qu’agréable, et pas un touriste à l’horizon. Nous allons louer un scooter (encore !) pour arpenter la côte, admiratives de la beauté des paysages aux alentours. Plages superbes se mêlant aux montagnes en arrière-plan. Ce fut un pur délice, et notre route croise celle d’Anthony encore une fois, avec qui nous allons pratiquer notre anglais et lui son français.

Publié dans Cambo-Viet

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A
Coucou Lae! Je viens de lire tes derniers articles sur le Cambodge et le Vietnam, merci pour ce voyage en mots ! Je repensais à ce que tu disais sur ton retour en France, de la méfiance qu'il te
faudrait retrouver... En fait, je n'en suis pas si sure. Je crois qu'en voyageant, on se montre plus facilement disponible à la rencontre, lachant petit à petit cette méfiance dont tu parles...
mais je crois qu'on peut aussi se faire confiance au retour, et continuer à faire confiance à l'autre, aux autres, même chez nous, en France! Je ne crois pas que ce soit forcément mieux ailleurs,
même si j'ai pu vivre et dire à maintes reprises ce que tu décris... Mais je crois que si je l'ai vécu à ces moments-là, c'est que j'étais prête pour m'ouvrir à ces échanges-là... mais que ça peut
aussi m'arriver ici, tout près de chez moi... voilà pour ces qques réflexions, en espérant que cela te permette de préparer ce retour - voyage dans le voyage, et peut-être des plus captivants ;) je
t'embrasse
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F
Très bien ces articles
celà te fera plein de souvenirs
gros bisous
maman
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